On a tous connu ça : un mal de tête terrible ou une nausée qui monte en plein milieu de la journée de travail. Vous prévenez votre manager et vous rentrez chez vous. Mais une question arrive vite : cette journée entamée sera-t-elle payée ? On va être direct avec vous, la fameuse règle « toute journée commencée est due » est un mythe dans la plupart des cas. On vous explique les règles exactes qui s’appliquent et comment savoir si votre salaire sera maintenu.
À retenir : la règle et ses exceptions 🔑
- Journée commencée due : C’est une idée reçue. Aucune loi générale n’oblige votre employeur à payer la journée si vous partez pour maladie.
- Accident du travail : C’est la seule exception légale. La journée de l’accident est intégralement payée par l’employeur.
- Arrêt maladie : La journée n’est payée que si un maintien de salaire est prévu par votre convention collective ou un accord d’entreprise.
- Rôle de la Sécu (CPAM) : Ses indemnités journalières ne commencent que le lendemain du dernier jour travaillé.
Le principe : « journée commencée, journée due », un mythe en cas de maladie
On va casser une idée reçue tout de suite. La phrase « toute journée de travail commencée est due » est très répandue, mais elle ne repose sur aucune loi générale dans le Code du travail quand il s’agit d’un arrêt maladie. C’est une croyance populaire tenace, souvent transmise de bouche à oreille, mais sans fondement juridique universel.
En réalité, le paiement de votre salaire dépend de la raison de votre départ et des règles spécifiques de votre entreprise. Si vous quittez votre poste parce que vous êtes malade, votre employeur n’a, par défaut, aucune obligation légale de vous payer les heures que vous n’avez pas effectuées. Le seul cas où la loi est très claire et vous protège à 100%, c’est l’accident du travail.
L’unique exception 100% légale : l’accident du travail (AT)
C’est ici que la situation change complètement. Si vous devez quitter votre poste à cause d’un accident survenu au travail ou sur le trajet domicile-travail, la règle est sans ambiguïté. L’employeur a l’obligation légale de vous rémunérer l’intégralité de cette journée, peu importe l’heure à laquelle l’accident a eu lieu.
Cette protection est inscrite noir sur blanc dans la loi. C’est l’Article R441-10 du Code de la Sécurité sociale qui le précise. Dans ce cas, il n’y a pas de débat possible : la journée est due en totalité par l’employeur. C’est la seule situation où le principe « journée commencée, journée due » s’applique systématiquement et pour tout le monde.
Bon à savoir 👀
Un accident du travail est un événement soudain qui arrive par le fait ou à l’occasion du travail et qui provoque une lésion corporelle. Une chute dans les escaliers de l’entreprise ou une coupure avec un outil sont des exemples classiques.
Le cas le plus courant : l’arrêt maladie et le rôle de la convention collective
Revenons au cas le plus fréquent : vous tombez malade et vous rentrez chez vous. Comme on l’a dit, la loi générale ne prévoit rien. Alors, comment savoir si vous serez payé ? Tout dépend d’un mécanisme clé : le maintien de salaire.
Le maintien de salaire, c’est une disposition qui oblige votre employeur à compléter les indemnités de la Sécurité Sociale pour que vous touchiez tout ou partie de votre salaire habituel pendant votre arrêt. Cette obligation n’est pas automatique, elle doit être prévue par :
- Votre convention collective
- Un accord d’entreprise plus favorable
- Votre contrat de travail
Certains secteurs sont connus pour avoir des conventions collectives qui protègent bien les salariés sur ce point. C’est souvent le cas dans la métallurgie ou le secteur de la banque, par exemple. Si un tel dispositif existe et qu’il ne prévoit pas de jour de carence, alors votre journée de départ sera probablement payée.
Et la Sécurité Sociale dans tout ça ?
C’est un point très important à comprendre. L’Assurance Maladie (CPAM) ne prend jamais en charge la journée où vous tombez malade. Ses indemnités journalières, si vous y avez droit, ne commencent qu’à partir du lendemain du dernier jour de travail déclaré par votre employeur. C’est ce qu’on appelle le délai de carence.
Ce qu’on vous dit rarement ⚠️
S’il n’y a pas de maintien de salaire prévu par votre entreprise, la journée de votre départ crée un « trou ». Les heures non travaillées ne sont ni payées par l’employeur, ni indemnisées par la CPAM. C’est une perte de salaire sèche.
Comment savoir si votre journée sera payée ? Les 2 vérifications à faire
Pour avoir une réponse claire et personnalisée, on vous conseille de faire deux vérifications simples. C’est le meilleur moyen de ne pas rester dans le flou.
1. Consultez votre convention collective
C’est le document de référence. Le nom de votre convention collective est obligatoirement mentionné sur votre bulletin de paie. Une fois que vous avez le nom (par exemple, « Convention collective nationale de la pharmacie d’officine »), vous pouvez la consulter gratuitement. Le plus simple est de se rendre sur le site officiel du gouvernement.
Vous pouvez rechercher votre convention directement sur le site de Légifrance. Cherchez les sections relatives aux « absences pour maladie » ou « maintien de salaire ».
2. Contactez votre service RH ou votre manager
C’est souvent la solution la plus rapide et la plus fiable. Le service des ressources humaines (RH) connaît sur le bout des doigts les règles qui s’appliquent dans votre entreprise. Il pourra vous dire immédiatement si un accord d’entreprise prévoit le paiement de la journée commencée ou si des jours de carence s’appliquent.
Une solution pour éviter la perte de salaire : la prévoyance complémentaire
Si vous découvrez que votre convention ou votre entreprise ne vous couvre pas, il existe une solution pour vous protéger : la prévoyance complémentaire. C’est une sorte d’assurance personnelle qui vient compenser votre perte de revenus en cas d’arrêt de travail. Elle peut intervenir pour couvrir les jours de carence ou les journées non terminées, selon le contrat.
Certaines entreprises en proposent une à leurs salariés, mais vous pouvez aussi y souscrire à titre individuel. De nombreux acteurs existent sur le marché, comme Aésio, Malakoff Humanis ou April. Pour une couverture de base, il faut compter un budget entre 8 et 15 € par mois. C’est une sécurité qui peut être intéressante si vous n’avez pas de maintien de salaire.
Résumé : journée commencée due, le tableau récapitulatif
Pour y voir clair, on vous a préparé un tableau qui résume tout. Voici les règles à retenir selon votre situation :
| Situation | La journée commencée est-elle payée ? |
|---|---|
| Accident du travail ou de trajet | Oui, intégralement par l’employeur. C’est la loi. |
| Maladie (avec maintien de salaire prévu) | Oui, selon les conditions de votre convention ou accord d’entreprise. |
| Maladie (sans maintien de salaire) | Non, seules les heures réellement effectuées sont payées. |
| Rôle de la CPAM (Assurance Maladie) | L’indemnisation commence au plus tôt le lendemain du départ. |
Vous voulez en savoir plus sur le fonctionnement des indemnités de la Sécurité Sociale ? On vous recommande de consulter la page officielle sur le site d’Ameli.fr.

