On nous pose souvent cette question quand une entreprise annonce des difficultés. Un plan de départs volontaires (PDV), comment ça marche exactement ? On va être direct : c’est une rupture de contrat encadrée, basée sur le volontariat pour éviter des licenciements contraints. C’est une porte de sortie négociée. On vous explique ici toute la procédure, vos droits et les indemnités que vous pouvez obtenir.
Plan de Départ Volontaire : l’essentiel à connaître 📋
- Principe de base : c’est une rupture amiable du contrat de travail pour un motif économique.
- Volontariat : personne ne peut vous l’imposer, et l’employeur n’est pas obligé d’accepter votre candidature.
- Indemnité minimum : vous toucherez toujours au moins l’équivalent de l’indemnité légale de licenciement.
- Droit au chômage : vous aurez droit aux allocations chômage (ARE) si vous remplissez les conditions.
- Deux cadres possibles : le PDV peut être « autonome » ou intégré à un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE).
Qu’est-ce qu’un Plan de Départs Volontaires (PDV) ?
Un plan de départs volontaires (PDV) est un dispositif mis en place par une entreprise qui rencontre des difficultés économiques. L’objectif est de réduire les effectifs en proposant aux salariés qui le souhaitent de quitter l’entreprise dans des conditions négociées. C’est une rupture d’un commun accord du contrat de travail, ce qui signifie que ce n’est ni une démission, ni un licenciement.
On préfère vous le préciser tout de suite : ce dispositif ne concerne que les salariés en CDI (Contrat à Durée Indéterminée). Le principe est simple : l’employeur fait un appel au volontariat et les salariés intéressés peuvent se porter candidats au départ.
PDV autonome vs. PDV intégré à un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE)
C’est la distinction la plus importante à comprendre, car elle change beaucoup de choses pour le salarié. Il existe deux types de plan de départ volontaire.
Le PDV dit « autonome » est mis en place quand l’entreprise cherche à réduire ses effectifs mais n’envisage aucun licenciement, même si le nombre de volontaires est trop faible. Dans ce cadre, la procédure est plus souple pour l’employeur, notamment sur l’obligation de reclassement des salariés.
Le PDV intégré à un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) est beaucoup plus contraignant. Un PSE est obligatoire pour les entreprises d’au moins 50 salariés qui prévoient de licencier au moins 10 personnes sur 30 jours. Ici, le PDV est une mesure du PSE visant à limiter le nombre de licenciements secs. Si le nombre de départs volontaires n’est pas atteint, des licenciements économiques suivront pour les salariés restants.
Notre conseil 💡
Avant de vous porter volontaire, demandez toujours si le PDV est autonome ou s’il fait partie d’un PSE. Les garanties, notamment fiscales sur vos indemnités, ne sont pas les mêmes. On en reparle juste après.
Comment se déroule la procédure de départ volontaire ?
La mise en place d’un PDV suit des étapes bien définies pour garantir la transparence et le respect des droits des salariés. Le processus est encadré pour que tout soit clair pour l’employeur et les candidats au départ.
Voici comment ça se passe concrètement :
- Étape 1 : Consultation du CSE. L’employeur a l’obligation légale d’informer et de consulter le Comité Social et Économique (CSE) sur son projet. Le CSE donne son avis sur le motif économique, le nombre de départs envisagés et les mesures d’accompagnement.
- Étape 2 : Appel au volontariat. Une fois le CSE consulté, l’entreprise communique officiellement sur le plan. Elle doit préciser les postes ou les services concernés, la période pendant laquelle les salariés peuvent se porter volontaires, et les conditions de départ (montant de l’indemnité, aides à la formation, etc.).
- Étape 3 : Traitement des candidatures. Les salariés intéressés déposent leur candidature. L’employeur les examine et peut les accepter ou les refuser. Attention, un refus doit être justifié par des critères objectifs et non discriminatoires définis dans le plan (par exemple, conserver des compétences jugées essentielles).
- Étape 4 : Signature de la rupture. Si votre candidature est acceptée, vous signez une convention de rupture d’un commun accord avec votre employeur. Ce document formalise votre départ et détaille toutes les conditions : la date de fin de contrat, le montant de l’indemnité de départ, le préavis, etc.
Quels sont les droits et indemnités du salarié ?
C’est souvent la question principale : qu’est-ce que vous touchez si vous acceptez un départ volontaire ? Les avantages sont principalement financiers et sociaux. On vous détaille les points clés.
L’indemnité de départ volontaire
C’est le cœur du dispositif. L’indemnité de rupture versée dans le cadre d’un PDV doit être au minimum égale à l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement. En pratique, elle est souvent supérieure pour rendre le départ attractif.
La fiscalité de cette indemnité dépend du type de PDV :
- Si le PDV est intégré à un PSE, l’indemnité est exonérée d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales (sauf CSG/CRDS) jusqu’à une limite de 2 fois le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS). C’est un avantage fiscal important.
- Si le PDV est autonome, l’indemnité est soumise à l’impôt et aux cotisations, comme une indemnité de licenciement classique hors PSE.
Le droit au chômage
C’est une garantie essentielle. Un départ dans le cadre d’un PDV est considéré par France Travail comme une perte involontaire d’emploi. Vous ouvrez donc bien droit à l’Allocation d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE), à condition de remplir les autres critères d’éligibilité (durée de cotisation, etc.). Vous n’êtes pas considéré comme démissionnaire.
La priorité de réembauche
Comme pour un licenciement économique, le salarié qui quitte l’entreprise via un PDV bénéficie d’une priorité de réembauche pendant une durée d’un an. Si l’employeur crée ou pourvoit un poste compatible avec vos qualifications durant cette période, il doit vous le proposer en premier.
Les documents de fin de contrat
À la fin de votre contrat de travail, l’employeur doit vous remettre les mêmes documents que pour toute autre rupture :
- Votre certificat de travail
- Votre attestation France Travail (pour vous inscrire au chômage)
- Votre reçu pour solde de tout compte
PDV, Rupture Conventionnelle Collective (RCC) : quelles différences ?
On nous demande souvent de ne pas confondre le PDV et la Rupture Conventionnelle Collective (RCC). Même si les deux visent des départs volontaires, leur cadre légal est très différent. On vous résume les points clés pour ne pas vous tromper.
- Le motif : Le PDV doit obligatoirement reposer sur un motif économique (difficultés, réorganisation, etc.). La RCC, elle, n’a pas besoin de justification économique pour être mise en place.
- La mise en place : La RCC ne peut exister que via un accord collectif majoritaire signé avec les syndicats. Le PDV, lui, peut être une décision unilatérale de l’employeur (après consultation du CSE).
- Le cadre : La RCC exclut tout licenciement pour atteindre les objectifs de départs. Un PDV, s’il est intégré à un PSE, peut être suivi de licenciements contraints si le nombre de volontaires est insuffisant.
En résumé 🔍
La RCC est un dispositif de départs volontaires plus souple et purement basé sur l’accord, tandis que le PDV est un outil de gestion de l’emploi lié à un contexte économique difficile pour l’entreprise.
Peut-on contester un départ volontaire ?
Une fois que vous avez signé la convention de rupture, il est plus difficile de revenir en arrière. Cependant, il existe quelques cas de figure où une contestation reste possible.
Vous ne pouvez pas contester le motif économique du plan une fois que vous avez accepté le départ. En signant, vous reconnaissez la situation. La seule exception serait de prouver une fraude de l’employeur.
En revanche, vous pouvez contester la rupture si vous prouvez un vice du consentement. Cela veut dire que votre accord a été obtenu sous la pression, la menace, ou sur la base d’informations trompeuses. La preuve est souvent difficile à apporter.
Enfin, si l’employeur a refusé votre candidature au départ, vous pouvez contester ce refus s’il n’est pas basé sur les critères objectifs prévus dans le plan de départs. Un refus basé sur un motif discriminatoire est illégal.

